<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"><channel><title>Veilleur d'Étoiles</title><link>https://veilleurdetoiles.fr/</link><description>Carnet d'astrophotographie et d'observation du ciel</description><generator>Hugo</generator><language>fr-fr</language><lastBuildDate>Wed, 23 Sep 2026 00:00:00 +0000</lastBuildDate><atom:link href="https://veilleurdetoiles.fr/index.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><item><title>Messier 31, 32 et 110 - La Galaxie d'Andromède</title><link>https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-23_messier-31-32-110_galaxie-d-andromede/</link><pubDate>Wed, 23 Sep 2026 00:00:00 +0000</pubDate><guid isPermaLink="true">https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-23_messier-31-32-110_galaxie-d-andromede/</guid><category>Galaxies</category><category>Andromède</category><category>M 31</category><category>NGC 224</category><category>M 32</category><category>NGC 221</category><category>M 110</category><category>NGC 205</category><category>NGC 206</category><category>🏆 Défi Messier</category><description>Onze heures et demie de pose sur trois nuits pour un trio de galaxies connu depuis plus de mille ans, ma session la plus longue à ce jour.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-23_messier-31-32-110_galaxie-d-andromede/M_31_1382x30sec_T18degC_2026-09-09_stretched_skycaption_hu_76b1a57caf766111.jpg" alt="Messier 31, 32 et 110 - La Galaxie d&#39;Andromède"></p>
<p>C&rsquo;est ma photo la plus aboutie du blog, sans hésitation. 1687 photos capturées, 1382 empilées, 11h31 de pose au total sur trois nuits complètes : ma plus longue session, et de loin. Le sujet le méritait bien. Sur cette photo, il n&rsquo;y a pas que la galaxie d&rsquo;Andromède. On y voit aussi deux de ses galaxies compagnes, M 32 et M 110, et un immense nuage d&rsquo;étoiles niché dans l&rsquo;un de ses bras, NGC 206. Autant le dire tout de suite, j&rsquo;y reviens à la fin : sous mon ciel de banlieue parisienne (<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89chelle_de_Bortle">échelle de Bortle</a> 7), le petit Seestar S30 Pro a clairement montré ses limites sur ce genre de cible.</p>
<h1 id="m-31-la-galaxie-dandromède">M 31, la galaxie d&rsquo;Andromède</h1>
<h2 id="mille-ans-avant-le-premier-télescope">Mille ans avant le premier télescope</h2>
<p>Cette galaxie est connue depuis très longtemps : dès l&rsquo;an 964, l&rsquo;astronome perse <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Abd_al-Rahman_al-Soufi">Abd al-Rahman al-Sufi</a> la décrit dans son <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Livre_des_%C3%A9toiles_fixes">Livre des étoiles fixes</a> comme un « petit nuage », visible à l&rsquo;œil nu depuis un ciel bien noir. Il faudra attendre 1612 : l&rsquo;astronome allemand <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Simon_Marius">Simon Marius</a> la regarde au télescope pour la toute première fois, et la décrit comme « une flamme de bougie vue à travers une corne translucide », avec des rayons plus brillants près du centre.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Messier">Charles Messier</a> catalogue la galaxie le 3 août 1764, sous le numéro M 31. Il l&rsquo;attribue par erreur à Simon Marius, sans savoir, apparemment, qu&rsquo;Al-Sufi l&rsquo;avait vue bien avant lui. Ce soir-là, il catalogue aussi la petite tache floue juste à côté, M 32, qu&rsquo;il avait pourtant déjà repérée sept ans plus tôt, en 1757. C&rsquo;était sa toute première observation d&rsquo;astronome, avant même que son catalogue existe. Neuf ans plus tard, en 1773, il repère aussi une troisième tache dans le même champ, plus loin encore. Il la dessine soigneusement sur sa carte d&rsquo;Andromède, mais ne lui donne jamais de numéro et ne la publie jamais dans son propre catalogue, pour une raison qui reste un mystère encore aujourd&rsquo;hui. J&rsquo;y reviens plus loin dans l&rsquo;article : cette tache deviendra M 110, mais il faudra attendre deux siècles entiers pour que ce soit officiel.</p>
<figure class="post-figure skymap">
  
  <img class="skymap-for-light" src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-23_messier-31-32-110_galaxie-d-andromede/m-31_map_transparent-dark.svg" alt="Carte du ciel autour de M 31" loading="lazy" decoding="async" width="971" height="836">
  <figcaption>Carte du ciel autour de M 31 (en rouge), dans la constellation d&#39;Andromède.</figcaption>
</figure>
<p>Pour la trouver, il faut partir du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Carr%C3%A9_de_P%C3%A9gase">grand carré de Pégase</a>, quatre étoiles brillantes faciles à repérer à l&rsquo;automne. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alpha_Andromedae">Alphératz</a>, l&rsquo;étoile qui marque l&rsquo;un des coins du carré, appartient déjà à la constellation d&rsquo;Andromède. En suivant la chaîne d&rsquo;étoiles qui part de là, direction <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Beta_Andromedae">Mirach</a>, on tombe directement sur la galaxie. C&rsquo;est l&rsquo;un des rares objets du ciel profond visible à l&rsquo;œil nu, même si sous mon ciel pollué, il ne s&rsquo;agit que d&rsquo;une pâle tache allongée.</p>
<p><figure class="post-figure">
  <img src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-23_messier-31-32-110_galaxie-d-andromede/M_31_1382x30sec_T18degC_2026-09-09_stretched_annoted_skycaption.webp" alt="Photo annotée du champ autour de M 31" loading="lazy" decoding="async" width="3648" height="2052">
  <figcaption>Champ autour de M 31 : ses deux galaxies compagnes M 32 et M 110, le nuage d&#39;étoiles NGC 206, et l&#39;étoile de premier plan 32 And.</figcaption>
</figure></p>
<p>Voilà de quoi on va parler dans cet article : M 31 elle-même, ses deux galaxies compagnes M 32 et M 110, et le nuage d&rsquo;étoiles NGC 206. L&rsquo;étoile marquée « 32 And », en bord de cadre, n&rsquo;a elle aucun lien avec ce petit monde : c&rsquo;est une simple étoile de notre propre galaxie, bien plus proche, qui se trouve juste alignée dans le champ par hasard.</p>
<h2 id="nébuleuse-de-chez-nous-ou-galaxie-à-part-">Nébuleuse de chez nous, ou galaxie à part ?</h2>
<p>Pendant plus d&rsquo;un siècle après Charles Messier, personne ne sait vraiment ce qu&rsquo;est cette tache floue. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Herschel">William Herschel</a> la croit relativement proche, comme si elle faisait partie de notre propre galaxie. En 1864, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Huggins">William Huggins</a> pointe l&rsquo;un des tout premiers <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Spectroscope">spectroscopes</a> de l&rsquo;histoire sur Andromède. Contrairement aux nébuleuses de gaz qu&rsquo;il observe par ailleurs, la galaxie lui renvoie un spectre continu : le signe qu&rsquo;il y a là des milliers d&rsquo;étoiles, et non un nuage de gaz. Le doute s&rsquo;installe.</p>
<p>Le 26 avril 1920, les astronomes <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Harlow_Shapley">Harlow Shapley</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Heber_Curtis">Heber Curtis</a> débattent publiquement de la question : Andromède est-elle une simple nébuleuse de notre Voie lactée, ou un « univers-île » à part entière, aussi grand que la nôtre mais infiniment plus loin ? Le débat ne tranche rien. C&rsquo;est <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Edwin_Hubble">Edwin Hubble</a> qui trouve la réponse, en octobre 1923. Sur une plaque photographique prise avec le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/T%C3%A9lescope_Hooker">télescope Hooker</a> de 2,5 mètres, il repère une étoile <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9ph%C3%A9ide">céphéide</a>, un type d&rsquo;étoile dont la luminosité permet de calculer précisément la distance. Le résultat est sans appel. Andromède se trouve à bien plus d&rsquo;un million d&rsquo;années-lumière, largement en dehors de notre galaxie. Heber Curtis avait raison, et notre Univers vient de devenir immensément plus grand qu&rsquo;on ne le pensait la veille ! (Même la première estimation de distance d&rsquo;Edwin Hubble était fausse, de plus du double : l&rsquo;erreur ne sera corrigée qu&rsquo;en 1953.)</p>
<h2 id="une-galaxie-plus-grande-que-je-ne-limaginais">Une galaxie plus grande que je ne l&rsquo;imaginais</h2>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Galaxie_d%27Androm%C3%A8de">Andromède se situe aujourd&rsquo;hui à environ 2,54 millions d&rsquo;années-lumière de nous</a>, pour un diamètre réel d&rsquo;environ 220 000 années-lumière. Elle abrite environ mille milliards d&rsquo;étoiles, soit deux à cinq fois plus que notre propre Voie lactée. On l&rsquo;a longtemps considérée comme la plus massive du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_local">Groupe local</a>, largement devant la Voie lactée. Mais une <a href="https://observatoiredeparis.psl.eu/the-mass-of-the-andromeda.html">étude publiée en février 2025 par l&rsquo;astronome François Hammer et son équipe</a> (Observatoire de Paris, CNRS) revoit sa masse nettement à la baisse, autour de 450 milliards de masses solaires, deux à quatre fois moins que les estimations précédentes. C&rsquo;est bien en dessous des quelque 1 900 milliards de masses solaires généralement avancés pour notre propre galaxie. La plus grosse galaxie du coin n&rsquo;est peut-être plus celle qu&rsquo;on croyait !</p>
<p>Une chose est sûre en tout cas : <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Collision_entre_la_galaxie_d%27Androm%C3%A8de_et_la_Voie_lact%C3%A9e">Andromède fonce droit sur nous</a>, à environ 430 000 km/h. Dans environ 4 milliards d&rsquo;années, les deux galaxies entameront leur fusion, pour ne plus former qu&rsquo;une seule galaxie elliptique géante d&rsquo;ici 7 milliards d&rsquo;années. Certains l&rsquo;ont déjà surnommée « Lactomède ».</p>
<h2 id="un-cœur-à-deux-noyaux">Un cœur à deux noyaux</h2>
<p>En 1993, le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Hubble_(t%C3%A9lescope_spatial)">télescope spatial Hubble</a> révèle une surprise au centre d&rsquo;Andromède. <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Andromeda_Galaxy">Son noyau n&rsquo;en est pas un, mais deux</a>, séparés d&rsquo;environ 5 années-lumière l&rsquo;un de l&rsquo;autre. L&rsquo;équipe de l&rsquo;astronome <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Tod_R._Lauer">Tod Lauer</a> annonce la découverte le 20 juillet 1993. L&rsquo;explication la plus probable : le noyau le plus faible marque le véritable centre de la galaxie, là où se cache un <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Trou_noir_supermassif">trou noir supermassif</a>. Le noyau le plus brillant, lui, serait un tas d&rsquo;étoiles qui tournent autour de ce trou noir sur une orbite allongée, et qu&rsquo;on voit surtout à l&rsquo;endroit où elles s&rsquo;en éloignent le plus.</p>
<p>Ce trou noir intrigue aussi par son poids. <a href="https://iopscience.iop.org/article/10.1086/307665">Une étude de 1999</a>, menée par John Kormendy et Ralf Bender, lui donnait environ 33 millions de masses solaires. <a href="https://iopscience.iop.org/article/10.1086/432434">Une étude plus poussée de Ralf Bender et son équipe, en 2005</a>, la revoit nettement à la hausse, jusqu&rsquo;à 140 millions de masses solaires !</p>
<p><figure class="post-figure">
  <img src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-23_messier-31-32-110_galaxie-d-andromede/M31_Hubble_double_nucleus_1993.webp" alt="Le double noyau de la galaxie d&rsquo;Andromède photographié par Hubble" loading="lazy" decoding="async" width="1340" height="520">
  <figcaption>Le double noyau de M 31, révélé par Hubble en 1993. Crédit : NASA, T. R. Lauer (NOAO)</figcaption>
</figure></p>
<h2 id="ngc-206-le-nuage-détoiles-caché-dans-un-bras">NGC 206, le nuage d&rsquo;étoiles caché dans un bras</h2>
<p>Un peu plus loin du cœur de la galaxie, un détail attire l&rsquo;œil sur ma photo. Une petite tache floue et allongée est nichée dans l&rsquo;un des bras spiraux de M 31. Ce n&rsquo;est ni une étoile ni une galaxie, mais un nuage d&rsquo;étoiles géant, une <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Association_OB">association OB</a> découverte par <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Herschel">William Herschel</a> en 1786. C&rsquo;est le plus grand et le plus lumineux nuage d&rsquo;étoiles de toute la galaxie d&rsquo;Andromède, <a href="https://science.nasa.gov/image-article/apod-2014-september-25-ngc-206-and-the-star-clouds-of-andromeda/">avec un diamètre d&rsquo;environ 4 000 années-lumière</a>. Il y a en fait deux populations d&rsquo;étoiles bien distinctes là-dedans, séparées par une bande de poussière sombre : une zone toute jeune, à peine 10 millions d&rsquo;années, encore riche en <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9gion_H_II">régions HII</a>, et une autre plus âgée, entre 40 et 50 millions d&rsquo;années.</p>
<p>En janvier 2025, ce nuage d&rsquo;étoiles a même fait un peu parler de lui. Hubble a publié la plus grande mosaïque jamais assemblée de la galaxie d&rsquo;Andromède : plus de 600 clichés pris sur dix ans, pour 200 millions d&rsquo;étoiles réunies sur 2,5 milliards de pixels. NGC 206 y est mis en avant, présenté comme le nuage d&rsquo;étoiles le plus remarquable de toute la galaxie !</p>
<p><figure class="post-figure">
  <img src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-23_messier-31-32-110_galaxie-d-andromede/M31_Hubble_mosaic_heic2501a.webp" alt="La galaxie d&rsquo;Andromède vue par la plus grande mosaïque jamais assemblée par Hubble" loading="lazy" decoding="async" width="4000" height="935">
  <figcaption>Extrait de la mosaïque géante de M 31 publiée par Hubble en janvier 2025 (600 clichés, 10 ans d&#39;observation). Crédit : NASA, ESA, B. Williams (université de Washington)</figcaption>
</figure></p>
<h1 id="m-32-la-toute-première-galaxie-elliptique-jamais-découverte">M 32, la toute première galaxie elliptique jamais découverte</h1>
<p>L&rsquo;astronome français <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_Le_Gentil">Guillaume Le Gentil</a> <a href="https://messier.obspm.fr/m/m032.html">repère cette petite compagne</a> ronde et compacte de M 31 le 29 octobre 1749 : la toute première <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Galaxie_elliptique">galaxie elliptique</a> jamais identifiée en tant que telle, avant même qu&rsquo;on ne sache ce qu&rsquo;était une galaxie ! Avec <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/M32_(galaxie)">seulement 8 000 années-lumière de diamètre</a> tout au plus, elle reste minuscule à côté des 220 000 années-lumière de sa voisine.</p>
<p>Ses étoiles sont vieilles, entre 6,8 et 9,2 milliards d&rsquo;années selon la région. Ça a longtemps intrigué les astronomes, qui se demandaient pourquoi une si petite galaxie contenait si peu de gaz et de jeunes étoiles. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/M32_(galaxie)">L&rsquo;hypothèse la plus solide aujourd&rsquo;hui</a>, c&rsquo;est que M 32 aurait été autrefois une galaxie spirale bien plus grande, qui aurait traversé le disque de M 31 lors d&rsquo;une rencontre rapprochée. Elle y aurait perdu l&rsquo;essentiel de ses étoiles extérieures et de ses <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Amas_globulaire">amas globulaires</a> au passage, et n&rsquo;aurait gardé que son cœur. Elle héberge d&rsquo;ailleurs, elle aussi, son propre <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Trou_noir_supermassif">trou noir supermassif</a>, plus modeste, environ 2,5 millions de masses solaires.</p>
<p><figure class="post-figure">
  <img src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-23_messier-31-32-110_galaxie-d-andromede/M32_Hubble_ACS.webp" alt="M 32 photographiée par Hubble" loading="lazy" decoding="async" width="1280" height="1174">
  <figcaption>M 32 vue par Hubble dans le cadre du relevé PHAST. Crédit : NASA, ESA, B. Williams (université de Washington) ; traitement Gladys Kober</figcaption>
</figure></p>
<h1 id="m-110-le-petit-dernier-du-catalogue">M 110, le petit dernier du catalogue</h1>
<p>L&rsquo;histoire de cette seconde compagne est particulièrement tordue. <a href="http://messier.obspm.fr/m/m110.html">Charles Messier l&rsquo;observe et la dessine lui-même le 10 août 1773</a>, mais ne la publie jamais dans son propre catalogue, pour une raison qui reste inconnue (une simple négligence, sans doute). Un peu plus de dix ans plus tard, le 27 août 1783, l&rsquo;astronome <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Caroline_Herschel">Caroline Herschel</a> la redécouvre de son côté, sans savoir que Charles Messier l&rsquo;avait déjà vue. Son frère <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Herschel">William Herschel</a> la catalogue alors sous la désignation H V.18, le 5 octobre 1784. C&rsquo;est finalement en 1966 que l&rsquo;astronome britannique <a href="http://www.messier.seds.org/xtra/Bios/kgj.html">Kenneth Glyn Jones</a> la fait entrer, pour de bon, dans le catalogue de Messier, sous le nom M 110. Le tout dernier objet ajouté à la liste, plus de deux siècles après que Charles Messier l&rsquo;ait vue le premier.</p>
<p>C&rsquo;est une <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Galaxie_elliptique_naine">galaxie elliptique naine</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/M110_(galaxie)">à environ 2,7 millions d&rsquo;années-lumière, pour un diamètre d&rsquo;environ 17 000 années-lumière</a>. Contrairement à M 32, elle contient pas mal de gaz et de poussière, avec même de la formation d&rsquo;étoiles récente à l&rsquo;intérieur : une vraie particularité pour une galaxie elliptique, une catégorie habituellement plutôt « éteinte ». Elle abrite par ailleurs plusieurs <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Amas_globulaire">amas globulaires</a>, mais probablement aucun trou noir supermassif en son centre.</p>
<h1 id="question-de-matériel">Question de matériel</h1>
<p>Je voulais terminer sur un point plus terre-à-terre, mais qui compte tout autant dans cette aventure. Cette photo m&rsquo;a donné du fil à retordre, des deux côtés de la chaîne.</p>
<p>Côté télescope d&rsquo;abord. Sous mon ciel de Bortle 7, je pense être arrivé au bout de ce que le petit Seestar S30 Pro peut apporter sur ce genre de cible étendue et contrastée. Au-delà de 11h31 de pose, je ne suis pas certain qu&rsquo;ajouter davantage de temps aurait changé grand-chose au résultat final.</p>
<p>Côté traitement ensuite, et ça a été la vraie surprise. Empiler 1382 photos a pris 22 minutes, et le dossier de traitement complet a atteint 305 Go : je n&rsquo;avais quasiment plus de place sur mon disque. Pour les prochaines sessions de ce genre, je compte allonger le temps de pose unitaire à 60 secondes au lieu de 30, pour diviser par deux le nombre de fichiers à traiter, à temps de pose total équivalent.</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Messier 71 - L'Amas du Poisson Scalaire</title><link>https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-22_messier-71_amas-du-poisson-scalaire/</link><pubDate>Tue, 22 Sep 2026 00:00:00 +0000</pubDate><guid isPermaLink="true">https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-22_messier-71_amas-du-poisson-scalaire/</guid><category>Amas</category><category>Flèche</category><category>M 71</category><category>NGC 6838</category><category>🏆 Défi Messier</category><description>Un amas si peu concentré que les astronomes ont longtemps débattu pour savoir si c'était un amas ouvert ou un amas globulaire, la question n'étant toujours pas définitivement tranchée.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-22_messier-71_amas-du-poisson-scalaire/M_71_162x30sec_T26degC_2026-09-22_stretched_skycaption_hu_36c63487f82117f4.jpg" alt="Messier 71 - L&#39;Amas du Poisson Scalaire"></p>
<p>Cette photo est un remplissage. Le temps d&rsquo;attendre la nuit noire avant <a href="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-23_messier-31-32-110_galaxie-d-andromede/">une longue session sur la galaxie d&rsquo;Andromède</a>, j&rsquo;ai pointé le Seestar sur Messier 71 : 162 poses de 30 secondes, 1h21 de pose au total. Le fond de ciel est particulièrement dense sur cette photo, on est en plein dans la Voie lactée.</p>
<h1 id="un-nom-qui-na-rien-dofficiel">Un nom qui n&rsquo;a rien d&rsquo;officiel</h1>
<p>En anglais, cet amas porte parfois le surnom d&rsquo;« Angelfish Cluster » (l&rsquo;amas du poisson-ange), sans que je trouve d&rsquo;explication sur son origine ni de source qui l&rsquo;utilise vraiment comme un nom standard. Je le traduis ici en Amas du Poisson Scalaire : c&rsquo;est ma propre traduction, pas une appellation officielle ni reconnue, ni en français ni en anglais.</p>
<h1 id="trois-redécouvertes-avant-dentrer-au-catalogue">Trois redécouvertes avant d&rsquo;entrer au catalogue</h1>
<p>L&rsquo;astronome suisse <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Philippe_de_Ch%C3%A9seaux">Jean-Philippe Loys de Chéseaux</a> observe cet amas le premier, en 1745, et le catalogue sous le numéro 13 de sa propre liste. L&rsquo;astronome allemand <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Johann_Gottfried_Koehler">Johann Gottfried Koehler</a> le redécouvre de son côté entre 1772 et 1779, sans connaître les travaux de Chéseaux. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_M%C3%A9chain">Pierre Méchain</a> le redécouvre à son tour le 28 juin 1780, entre les étoiles Gamma et Delta de la Flèche. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Messier">Charles Messier</a> va le vérifier le 4 octobre suivant, et note : « la lumière en est très faible et ne contient aucune étoile, la moindre lumière la fait disparaître. » Il l&rsquo;ajoute à son catalogue sous le numéro 71. Il faudra attendre 1783 pour que <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Herschel">William Herschel</a> résolve enfin les étoiles individuelles de l&rsquo;amas.</p>
<figure class="post-figure skymap">
  
  <img class="skymap-for-light" src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-22_messier-71_amas-du-poisson-scalaire/m-71_map_transparent-dark.svg" alt="Carte du ciel autour de M 71" loading="lazy" decoding="async" width="958" height="626">
  <figcaption>Carte du ciel autour de M 71 (en rouge), dans la constellation de la Flèche.</figcaption>
</figure>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Fl%C3%A8che_(constellation)">La Flèche</a> est la troisième plus petite constellation du ciel, un petit astérisme en forme de flèche situé à mi-chemin entre la tête du Cygne et l&rsquo;étoile Altaïr. Elle est voisine avec le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Petit_Renard">Petit Renard</a>, <a href="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-09_collinder-399_amas-du-cintre/">une autre petite constellation déjà croisée sur ce blog</a>. Pour trouver M 71, le repère le plus simple reste l&rsquo;étoile 9 Sagittae, visible juste à côté de l&rsquo;amas sur ma photo annotée.</p>
<p><figure class="post-figure">
  <img src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-22_messier-71_amas-du-poisson-scalaire/M_71_162x30sec_T26degC_2026-09-22_stretched_annoted_skycaption.webp" alt="Photo annotée du champ autour de M 71" loading="lazy" decoding="async" width="1858" height="1858">
  <figcaption>Champ autour de M 71 après plate solving : l&#39;étoile 9 Sagittae identifiée juste à côté.</figcaption>
</figure></p>
<p>L&rsquo;étoile 9 Sagittae n&rsquo;a aucun lien avec l&rsquo;amas, c&rsquo;est une simple étoile de notre propre galaxie qui sert de repère si l&rsquo;on souhaite le trouver aux jumelles.</p>
<h1 id="amas-ouvert-ou-amas-globulaire-un-débat-toujours-pas-tranché">Amas ouvert ou amas globulaire, un débat toujours pas tranché</h1>
<p>Voilà la partie la plus intéressante de son histoire. <a href="http://www.messier.seds.org/m/m071.html">Cet amas est tellement peu concentré que sa nature a fait débat pendant des décennies</a>. Les astronomes <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Harlow_Shapley">Harlow Shapley</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Julius_Trumpler">Robert Trumpler</a> le classent tous les deux comme un <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Amas_ouvert">amas ouvert</a> dense, un type qu&rsquo;ils désignent par la lettre « g ». En 1943, l&rsquo;astronome <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/James_Cuffey">James Cuffey</a> penche plutôt pour un <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Amas_globulaire">amas globulaire</a> très lâche, comparable à d&rsquo;autres amas peu concentrés. Mais en 1959, en étudiant cette fois son diagramme couleur-magnitude, il le trouve au contraire plus proche d&rsquo;un amas ouvert classique. Même <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Robert_Burnham_Jr.">Robert Burnham</a>, auteur d&rsquo;une référence de l&rsquo;astronomie amateur, reste incertain sur sa vraie nature.</p>
<p>Ce qui a longtemps entretenu le doute : cet amas ne contient aucune étoile variable de type <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89toile_variable_de_type_RR_Lyrae">RR Lyrae</a>, pourtant fréquentes dans les amas globulaires, et sa <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9tallicit%C3%A9">métallicité</a> est parmi les plus élevées connues pour ce type d&rsquo;amas, juste derrière celle de M 69. Ce n&rsquo;est que dans les années 1970, grâce à l&rsquo;analyse de son <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Diagramme_de_Hertzsprung-Russell">diagramme de Hertzsprung-Russell</a>, que la balance penche enfin du côté des amas globulaires, mais très lâches. D&rsquo;après l&rsquo;association d&rsquo;astronomie amateur <a href="https://www.asso-sterenn.fr/messier-71/">Sterenn</a>, la question ne serait toujours pas définitivement tranchée aujourd&rsquo;hui.</p>
<h1 id="un-amas-aux-chiffres-tout-aussi-particuliers">Un amas aux chiffres tout aussi particuliers</h1>
<p><a href="http://www.messier.seds.org/m/m071.html">Il se situe à environ 13 000 années-lumière de la Terre</a>. Sa partie la plus dense, celle que l&rsquo;on photographie, s&rsquo;étend sur environ 27 années-lumière de diamètre, mais on a détecté des étoiles plus faibles, probablement membres de l&rsquo;amas, jusqu&rsquo;à environ 90 années-lumière du centre, sans jamais confirmer si elles en font vraiment partie. <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Messier_71">On lui donne un âge compris entre 9 et 10 milliards d&rsquo;années</a>, ce qui est jeune pour un amas globulaire, avec une masse totale d&rsquo;environ 17 000 masses solaires. On ne lui connaît que 8 <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89toile_variable">étoiles variables</a> en tout, parmi lesquelles Z Sagittae, une <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Variable_irr%C3%A9guli%C3%A8re">variable irrégulière</a>.</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Messier 2 - L'Amas du Verseau</title><link>https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-21_messier-2_amas-du-verseau/</link><pubDate>Mon, 21 Sep 2026 00:00:00 +0000</pubDate><guid isPermaLink="true">https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-21_messier-2_amas-du-verseau/</guid><category>Amas</category><category>Verseau</category><category>M 2</category><category>NGC 7089</category><category>🏆 Défi Messier</category><description>Un amas presque aussi ancien que la Voie lactée, avec une queue de 45° d'étoiles arrachées, repérée seulement depuis quelques années grâce au satellite Gaia.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-21_messier-2_amas-du-verseau/M_2_154x30sec_T23degC_2026-09-21_stretched_skycaption_hu_8e6e1f12d01dca12.jpg" alt="Messier 2 - L&#39;Amas du Verseau"></p>
<p>Après <a href="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-11_messier-13_amas-d-hercule/">Messier 13</a> cet été, voici mon deuxième amas globulaire sur le blog : Messier 2, tout en haut de la constellation du Verseau. Photo prise en début de soirée, 154 poses de 30 secondes, pour 1h17 de pose au total. Ce qui me permet d&rsquo;attendre la nuit noire, l&rsquo;extinction de l&rsquo;éclairage public et le coucher de la Lune, pour un autre objet/projet qui va bientôt arriver.</p>
<p>Je vais être honnête : pour un débutant comme moi, un amas globulaire ressemble beaucoup à un autre amas globulaire, une belle tache floue et ronde, saupoudrée d&rsquo;étoiles. Sauf qu&rsquo;en creusant un peu son histoire, celui-là cache au moins une découverte qui m&rsquo;a bluffé, et une autre bien plus récente.</p>
<h1 id="une-comète-deux-astronomes-et-14-ans-décart">Une comète, deux astronomes et 14 ans d&rsquo;écart</h1>
<p>Pour le trouver, direction tout en haut de la constellation du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Verseau">Verseau</a>, presque à la frontière avec Pégase et les Poissons.</p>
<figure class="post-figure skymap">
  
  <img class="skymap-for-light" src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-21_messier-2_amas-du-verseau/m-2_map_transparent-dark.svg" alt="Carte du ciel autour de M 2" loading="lazy" decoding="async" width="978" height="836">
  <figcaption>Carte du ciel autour de M 2 (en rouge), dans la constellation du Verseau.</figcaption>
</figure>
<p>L&rsquo;histoire de sa découverte commence par une comète. Le 11 septembre 1746, l&rsquo;astronome italien <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Maraldi_II">Jean-Dominique Maraldi</a> observe le ciel en compagnie de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Cassini">Jacques Cassini</a> pour suivre le passage d&rsquo;une comète, quand il tombe sur cet amas : quatre jours à peine après avoir découvert M 15 dans Pégase, le voilà qui en trouve un second ! <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Messier">Charles Messier</a> le redécouvre de son côté le 11 septembre 1760, exactement 14 ans jour pour jour après Maraldi (sans le savoir, évidemment, les deux hommes ne comparaient pas leurs observations). Il ne voit alors qu&rsquo;une nébuleuse sans étoiles, avec un centre bien brillant entouré de nébulosité. Il faudra attendre le 30 juillet 1783 pour que <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Herschel">William Herschel</a> résolve enfin les étoiles individuelles et comprenne qu&rsquo;il s&rsquo;agit en réalité d&rsquo;un amas.</p>
<h1 id="un-amas-presque-aussi-ancien-que-la-voie-lactée">Un amas presque aussi ancien que la Voie lactée</h1>
<p>Une fois résolu, cet amas (également cataloguée <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/M2_(amas_globulaire)">NGC 7089</a>) s&rsquo;avère être l&rsquo;un des plus grands amas du catalogue Messier. Il est situé à environ 37 500 années-lumière de la Terre, pour un diamètre réel d&rsquo;environ 175 années-lumière, et regroupe plus de 150 000 étoiles. Avec une magnitude de 6,5, il reste invisible à l&rsquo;œil nu, mais se repère assez facilement aux jumelles, à environ 5° au nord de l&rsquo;étoile <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Beta_Aquarii">Beta Aquarii</a>.</p>
<p>Difficile de lui donner un âge exact, comme souvent avec ces amas très anciens. On lui donne généralement un peu plus de 13 milliards d&rsquo;années, même si les dernières estimations le précisent plutôt autour de 11,8 milliards d&rsquo;années. Dans tous les cas, il est à peu près du même âge que les toutes premières étoiles de notre galaxie. On y dénombre par ailleurs au moins 43 étoiles variables, principalement des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89toile_variable_de_type_RR_Lyrae">RR Lyrae</a>.</p>
<h1 id="une-queue-de-45-quon-ne-voyait-pas-il-y-a-encore-quelques-années">Une queue de 45° qu&rsquo;on ne voyait pas il y a encore quelques années</h1>
<p>Voici le genre de découverte qui me fascine parce qu&rsquo;elle est toute récente. En 2022, l&rsquo;astrophysicien <a href="https://arxiv.org/abs/2203.04425">Carl Grillmair</a> a exploité les données du satellite européen <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gaia_(satellite)">Gaia</a> et mis en évidence une immense traînée d&rsquo;étoiles arrachées à Messier 2 par la gravité de la Voie lactée : une véritable <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Queue_de_mar%C3%A9e">queue de marée</a> d&rsquo;environ 45° de long et une centaine de parsecs de large, totalement invisible sur une photo classique comme la mienne ! Cet amas, qu&rsquo;on imaginait tranquillement sur son orbite depuis des milliards d&rsquo;années, est donc en train de se faire peu à peu grignoter par notre galaxie.</p>
<h1 id="une-galaxie-perdue-dans-le-champ">Une galaxie perdue dans le champ</h1>
<p><figure class="post-figure">
  <img src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-21_messier-2_amas-du-verseau/M_2_154x30sec_T23degC_2026-09-21_stretched_annoted_skycaption.webp" alt="Photo annotée du champ autour de M 2" loading="lazy" decoding="async" width="1304" height="1305">
  <figcaption>Champ autour de M 2 après plate solving : IC 1391 identifiée en haut à gauche.</figcaption>
</figure></p>
<p>Le plate solving n&rsquo;a repéré qu&rsquo;un seul autre objet dans le champ : <a href="https://www.wikidata.org/wiki/Q3710182">IC 1391</a>, un petit point discret en haut à gauche de la photo. C&rsquo;est en réalité une galaxie elliptique bien plus lointaine, aussi cataloguée PGC 67002, située à <a href="https://ned.ipac.caltech.edu/byname?objname=IC%201391">environ 420 millions d&rsquo;années-lumière</a> de nous (les différentes méthodes de calcul donnent entre 417 et 443 millions). Je n&rsquo;ai rien trouvé de plus à en dire, si ce n&rsquo;est qu&rsquo;elle n&rsquo;a évidemment aucun lien avec notre amas : c&rsquo;est un pur hasard d&rsquo;alignement, comme souvent avec les objets qui sont en arrière-plan de mes photos.</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Collinder 399 - L'Amas du Cintre</title><link>https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-09_collinder-399_amas-du-cintre/</link><pubDate>Wed, 09 Sep 2026 00:00:00 +0000</pubDate><guid isPermaLink="true">https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-09_collinder-399_amas-du-cintre/</guid><category>Amas</category><category>Vulpecula</category><category>Cr 399</category><category>NGC 6802</category><category>Cr 400</category><category>IC 1299</category><description>Dix étoiles alignées par hasard avec un nom trompeur dans la constellation du Petit Renard et deux véritables amas.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-09_collinder-399_amas-du-cintre/NGC_6802_197x30sec_T22degC_2026-09-09_stretched_skycaption_hu_9fa27cfc57ef7274.jpg" alt="Collinder 399 - L&#39;Amas du Cintre"></p>
<p>C&rsquo;est la seconde fois que j&rsquo;image cet amas, enfin cet astérisme. Cette fois c&rsquo;est pour le blog. J&rsquo;aime beaucoup cet objet plein de couleur et dont la forme est identifiable en un coup d&rsquo;œil ! Un peu comme l&rsquo;astérisme de la casserole dans la constellation de la Grande Ourse. J&rsquo;ai un peu poussé le temps de pose : 1h38, mais honnêtement cela n&rsquo;apporte pas grand-chose de plus, 45 minutes auraient, à mon avis, suffi.</p>
<p>L&rsquo;application Seestar ne référence pas (ou je n&rsquo;ai pas trouvé) le catalogue Collinder, je me suis donc appuyé sur l&rsquo;amas NGC 6802 puis ai fait un recadrage libre via le mode plan de l&rsquo;application.</p>
<h1 id="amas-ouvert-ou-astérisme--la-réponse-est-maintenant-tranchée">Amas ouvert ou astérisme ? La réponse est maintenant tranchée.</h1>
<p>Comme je le disais, ce n&rsquo;est pas vraiment un amas mais un astérisme de 10 étoiles qui n&rsquo;ont rien à voir les unes avec les autres, elles ne sont liées par quoi que ce soit. Pour retrouver le cintre, cela devrait être facile aux jumelles puisque les étoiles ont des magnitudes allant de 5 à 7. Il faut se rendre dans la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Petit_Renard">constellation du Petit Renard</a> (un autre astérisme, tiens ! Eh oui, toutes les constellations de notre ciel en sont des astérismes!) et regarder le sud de la constellation, à la toute limite avec le bout de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Fl%C3%A8che_(constellation)">constellation de la Flèche</a> (Sagitta en latin, à ne pas confondre avec la constellation du Sagittaire), on y voit trois petits ronds sur la carte : le cintre est ici.</p>
<figure class="post-figure skymap">
  
  <img class="skymap-for-light" src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-09_collinder-399_amas-du-cintre/collinder-399_map_transparent-dark.svg" alt="Carte du ciel autour de Collinder 399" loading="lazy" decoding="async" width="970" height="834">
  <figcaption>Carte du ciel autour de Collinder 399 (en rouge), dans la constellation du Petit Renard, à la frontière avec la Flèche.</figcaption>
</figure>
<p>Le nom de cet astérisme, l&rsquo;amas du Cintre, vient bien évidemment de sa forme. Il est également connu sous le nom d&rsquo;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Amas_du_Cintre">Amas de Brocchi</a>, car dans les années 1920 Dalmiro Francis Brocchi, un astronome et cartographe amateur, en a dressé une carte pour calibrer des photomètres. On le retrouve parfois sous le nom d&rsquo;Amas <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Abd_al-Rahman_al-Soufi">Al Sufi</a>, astronome perse qui l&rsquo;a découvert en 964 : des traces ont été retrouvées dans son <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Livre_des_%C3%A9toiles_fixes">Livre des étoiles fixes</a>.</p>
<p>Ce n&rsquo;est que récemment, en 1931, que l&rsquo;astronome suédois <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Per_Collinder">Per Collinder</a> référence l&rsquo;objet dans son catalogue d&rsquo;amas ouverts, qui porte son nom. L&rsquo;amas du Cintre y devient le numéro 399.</p>
<p>Pendant longtemps, il y a eu un débat pour savoir si oui ou non il s&rsquo;agit d&rsquo;un amas ouvert. Jusque dans les années 1970, cet astérisme a été considéré comme tel. Plusieurs études depuis 1998 ont montré qu&rsquo;il n&rsquo;en était pas un, et cela a été confirmé par le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Hipparcos">satellite Hipparcos</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gaia_(satellite)">Gaia</a> par la suite.</p>
<h1 id="ngc-6802-le-vrai-amas-du-champ">NGC 6802, le vrai amas du champ</h1>
<p>Une fois la photo passée dans la moulinette du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Astrom%C3%A9trie">plate solving</a>, deux nouveaux objets font leur apparition : <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/NGC_6802">NGC 6802</a> et IC 1299.</p>
<p><figure class="post-figure">
  <img src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-09_collinder-399_amas-du-cintre/NGC_6802_197x30sec_T22degC_2026-09-09_stretched_annoted_skycaption.webp" alt="Photo annotée du champ autour de Cr 399" loading="lazy" decoding="async" width="2156" height="1437">
  <figcaption>Champ autour de l&#39;Amas du Cintre : NGC 6802 et IC 1299 identifiés par plate solving. J&#39;ai volontairement tracé le dessin du Cintre à la main dans Gimp.</figcaption>
</figure></p>
<p>NGC 6802 (ou Collinder 400) est un petit amas ouvert découvert par <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Herschel">William Herschel</a> en 1783. On ne sait pas vraiment combien d&rsquo;étoiles le composent, on parle d&rsquo;entre 50 et 141 étoiles selon les sources. D&rsquo;après le <a href="https://heasarc.gsfc.nasa.gov/W3Browse/star-catalog/lyngaclust.html">catalogue Lyngå</a>, cet amas est âgé de 741 millions d&rsquo;années, ce qui est beaucoup, mais est finalement plutôt jeune à l&rsquo;échelle de l&rsquo;univers. En 2017, <a href="https://www.aanda.org/articles/aa/full_html/2017/05/aa29883-16/aa29883-16.html">une étude de Gaia-ESO</a> a quant à elle estimé l&rsquo;âge de cet amas à 900 millions d&rsquo;années.</p>
<p>Concernant IC 1299, je n&rsquo;ai pas trouvé grand-chose, on parle ici d&rsquo;un petit amas très peu étudié, on ne connaît même pas le nombre d&rsquo;étoiles qui le compose.</p>
<p><em>PS : J&rsquo;ai quand même décidé de classer cet article dans la catégorie Amas. Si un autre astérisme apparaissait sur le blog, j&rsquo;envisagerais peut-être de créer une catégorie dédiée.</em></p>
]]></content:encoded></item><item><title>NGC 7822 - Nébuleuse du Point d'Interrogation</title><link>https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-05_ngc-7822_nebuleuse-du-point-d-interrogation/</link><pubDate>Sat, 05 Sep 2026 00:00:00 +0000</pubDate><guid isPermaLink="true">https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-05_ngc-7822_nebuleuse-du-point-d-interrogation/</guid><category>Nébuleuses</category><category>Céphée</category><category>NGC 7822</category><category>Cederblad 214</category><category>Berkeley 59</category><description>Un objet immense et si faible que Herschel lui-même, en 1829, le jugeait presque impossible à observer. Deux siècles plus tard, mon petit télescope a rencontré la même limite.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-05_ngc-7822_nebuleuse-du-point-d-interrogation/NGC_7822_450x30sec_T22degC_2026-09-05_stretched_skycaption_hu_543e3bff77c10d08.jpg" alt="NGC 7822 - Nébuleuse du Point d&#39;Interrogation"></p>
<p>Première incursion du blog dans la constellation de Céphée, avec 450 poses de 30 secondes, soit 3h45 de pose au total : ma deuxième plus longue session après celle sur la <a href="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-11_ic-5070_nebuleuse-du-pelican/">Nébuleuse du Pélican</a>. Et pourtant, je dois être honnête, le résultat reste discret comparé à mes autres nébuleuses. Cet objet est vraiment très faible, et je pense avoir buté ici sur une limite de mon petit télescope. Le Seestar S30 Pro ne fait que <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ouverture_(optique)">30 mm d&rsquo;ouverture</a> : moins il y a de surface pour collecter la lumière, plus il faut poser longtemps pour arriver au même résultat qu&rsquo;un instrument plus grand. En cherchant, <a href="https://cosgrovescosmos.com/projects/ngc7822">j&rsquo;ai trouvé une photo de cette cible posée pendant 13h49</a>, avec des filtres à bande étroite et un télescope bien plus gros que le mien : mes 3h45 en lumière classique sont loin du compte. Autre souci : NGC 7822 est un objet énorme, et sa nébulosité la plus ténue s&rsquo;étend au-delà de ce que capte mon Seestar. Ce qu&rsquo;on voit en haut de ma photo n&rsquo;est qu&rsquo;un fragment du reste de la nébulosité, coupé net par le cadrage.</p>
<h1 id="une-découverte-que-herschel-jugeait-déjà-presque-impossible">Une découverte que Herschel jugeait déjà presque impossible</h1>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Herschel">John Herschel</a>, le fils de William, observe cette nébuleuse le 16 novembre 1829 avec un réflecteur de 18,3 pouces. <a href="https://www.deepskycorner.ch/obj/ngc7822.en.php">Sa propre note dit tout</a> : « la partie centrale de ce dont je suis certain est une nébuleuse énormément grande mais extrêmement faible, de forme ronde, bien que je ne puisse en tracer les limites […] on ne peut la voir que dans les meilleures conditions d&rsquo;air et de ciel. Diamètre 10&rsquo; environ. » Ce diamètre de 10 minutes d&rsquo;arc, c&rsquo;est seulement la partie centrale, la plus dense : Herschel devinait déjà qu&rsquo;elle se prolongeait au-delà de ce qu&rsquo;il arrivait à voir. Deux siècles plus tard, avec un télescope autrement plus modeste et un ciel de banlieue parisienne, je confirme.</p>
<figure class="post-figure skymap">
  
  <img class="skymap-for-light" src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-05_ngc-7822_nebuleuse-du-point-d-interrogation/ngc-7822_map_transparent-dark.svg" alt="Carte du ciel autour de NGC 7822" loading="lazy" decoding="async" width="971" height="834">
  <figcaption>Carte du ciel autour de NGC 7822 (en rouge), dans la constellation de Céphée.</figcaption>
</figure>
<p>Pour la trouver, direction la constellation de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9ph%C3%A9e_(constellation)">Céphée</a>, au bord de la Voie lactée. <a href="https://www.constellation-guide.com/question-mark-nebula-ngc-7822/">Elle se situe dans la partie orientale de Céphée</a>, à la limite de la constellation de Cassiopée : aux deux tiers du chemin entre l&rsquo;étoile Segin (dans le fameux « W » de Cassiopée) et l&rsquo;étoile Iota Cephei. L&rsquo;objet est répertorié dans le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/New_General_Catalogue">New General Catalogue</a> par <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Louis_Emil_Dreyer">John Dreyer</a> sous le numéro NGC 7822. Sa partie sud porte par ailleurs son propre nom, <a href="https://www.deepskycorner.ch/obj/ngc7822.en.php">Cederblad 214</a>.</p>
<h1 id="une-pouponnière-détoiles-avec-une-des-plus-chaudes-du-voisinage">Une pouponnière d&rsquo;étoiles, avec une des plus chaudes du voisinage</h1>
<p>Cette <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9gion_H_II">région HII</a> se situe à environ 3 000 années-lumière de la Terre. Le cœur catalogué sous le nom NGC 7822 mesure environ 100 minutes d&rsquo;arc de diamètre, mais <a href="https://www.deepskycorner.ch/obj/ngc7822.en.php">Deep Sky Corner</a> situe l&rsquo;ensemble du complexe, nébulosité la plus ténue comprise, plutôt autour de 3°. C&rsquo;est cette partie la plus faible que l&rsquo;on devine tout en haut de ma photo, coupée net par le bord du cadrage. Elle abrite l&rsquo;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Amas_ouvert">amas ouvert</a> <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Berkeley_59">Berkeley 59</a> et, selon <a href="https://www.deepskycorner.ch/obj/ngc7822.en.php">Deep Sky Corner</a>, une quarantaine de jeunes étoiles chaudes, de type O et B, âgées d&rsquo;à peine 5 à 6 millions d&rsquo;années.</p>
<p>Parmi elles, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/BD+66_1673">BD+66 1673</a> se distingue particulièrement. C&rsquo;est une <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Binaire_%C3%A0_%C3%A9clipses">binaire à éclipses</a>, aussi appelée V747 Cephei : deux étoiles qui tournent l&rsquo;une autour de l&rsquo;autre, et s&rsquo;éclipsent périodiquement vues depuis la Terre. Son composant principal, de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Type_spectral">type spectral</a> O5.5V, affiche une température de surface proche de 45 000 K : la plus chaude de tout l&rsquo;amas Berkeley 59, qui n&rsquo;a lui-même que 2 millions d&rsquo;années. Elle brille comme 100 000 Soleils, et <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/NGC_7822">compte parmi les étoiles les plus chaudes connues à moins de 1 000 parsecs de nous</a> !</p>
<p><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/NGC_7822">Son rayonnement intense sculpte le gaz environnant et façonne des piliers de poussière</a>, un peu comme dans la <a href="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-11_ic-5070_nebuleuse-du-pelican/">Nébuleuse du Pélican</a>.</p>
]]></content:encoded></item><item><title>NGC 7635 - Nébuleuse de la Bulle</title><link>https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-05_ngc-7635_nebuleuse-de-la-bulle/</link><pubDate>Sat, 05 Sep 2026 00:00:00 +0000</pubDate><guid isPermaLink="true">https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-05_ngc-7635_nebuleuse-de-la-bulle/</guid><category>Nébuleuses</category><category>Cassiopée</category><category>NGC 7635</category><category>Caldwell 11</category><category>M 52</category><description>Une bulle de gaz de plusieurs années-lumière, gonflée par le vent d'une étoile bien trop massive pour rester sagement en son centre.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-05_ngc-7635_nebuleuse-de-la-bulle/NGC_7635_243x30sec_T24degC_2026-09-05_stretched_skycaption_hu_a7c04d108dff1dd3.jpg" alt="NGC 7635 - Nébuleuse de la Bulle"></p>
<p>Même session, même nuit que <a href="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-05_messier-52_amas-sel-et-poivre/">Messier 52</a> : 243 poses de 30 secondes, 2h01 de pose au total. Cette fois j&rsquo;ai cadré plus large pour laisser entrer la nébuleuse de la Bulle en entier, et M 52 est resté dans un coin du champ. Je ne reviens pas sur la localisation ni sur la comète qui a fait découvrir sa voisine, tout est dans l&rsquo;autre article : ici, place à la bulle elle-même.</p>
<h1 id="une-bulle-gonflée-par-une-étoile-trop-grosse-pour-son-gaz">Une bulle gonflée par une étoile trop grosse pour son gaz</h1>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Herschel">William Herschel</a> découvre cette nébuleuse le 3 novembre 1787. Elle porte aussi les noms de Sh2-162 et Caldwell 11 : cette dernière désignation vient du <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Caldwell_catalogue">catalogue Caldwell</a>, dressé en 1995 par l&rsquo;astronome britannique Patrick Moore pour lister 109 beaux objets que Messier, lui, n&rsquo;avait pas retenus.</p>
<figure class="post-figure skymap">
  
  <img class="skymap-for-light" src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-05_ngc-7635_nebuleuse-de-la-bulle/ngc-7635_map_transparent-dark.svg" alt="Carte du ciel autour de NGC 7635" loading="lazy" decoding="async" width="971" height="834">
  <figcaption>Carte du ciel autour de NGC 7635 (en rouge), dans la constellation de Cassiopée.</figcaption>
</figure>
<p>En son cœur se cache <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/BD%2B60%C2%B02522">BD+60°2522</a>, une étoile très chaude et très jeune, de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Type_spectral">type spectral</a> O. Sa masse fait débat selon les études (entre 10 et 60 masses solaires selon la méthode), mais <a href="https://link.springer.com/article/10.1007/s10509-007-9604-7">un modèle d&rsquo;évolution stellaire</a> lui donne une masse initiale d&rsquo;environ 60 masses solaires, dont elle aurait déjà perdu le quart. Son vent stellaire souffle dans toutes les directions, à <a href="https://esahubble.org/news/heic1608/">plus de 100 000 km/h</a>, et vient comprimer le gaz environnant en une coquille en expansion : c&rsquo;est cette coquille qu&rsquo;on voit briller sur la photo, sur une dizaine d&rsquo;années-lumière de diamètre. L&rsquo;étoile n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas centrée dans sa bulle : le gaz est plus dense d&rsquo;un côté, ce qui freine le vent et déforme la sphère, un peu comme un ballon qu&rsquo;on gonflerait contre un mur. Les astronomes débattent encore des détails exacts de ce mécanisme.</p>
<p>Sa distance reste débattue selon les études, entre 7 100 et 11 000 années-lumière.</p>
<h1 id="vue-de-près-par-hubble">Vue de près par Hubble</h1>
<p>L&rsquo;image la plus connue de cette nébuleuse reste celle prise par le <a href="https://esahubble.org/images/heic1608a/">télescope spatial Hubble</a> en 2016, pour son 26e anniversaire. On y distingue parfaitement l&rsquo;asymétrie de la bulle, et surtout de curieuses structures en forme de virgules près de l&rsquo;étoile centrale : des <a href="https://esahubble.org/news/heic1608/">nodules cométaires</a>, des paquets de poussière plus denses que le reste du gaz, chacun aussi massif que la Terre et plus grand que tout notre Système solaire. Le vent stellaire les sculpte à la manière d&rsquo;une comète, avec une tête compacte et une longue traîne.</p>
<p><figure class="post-figure">
  <img src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-05_ngc-7635_nebuleuse-de-la-bulle/NGC7635_Hubble_heic1608a.webp" alt="La nébuleuse de la Bulle vue par le télescope spatial Hubble" loading="lazy" decoding="async" width="2000" height="1899">
  <figcaption>NGC 7635 vue par Hubble en 2016, pour son 26e anniversaire. Crédit : NASA, ESA, Hubble Heritage Team</figcaption>
</figure></p>
<h1 id="m-52-dans-un-coin-du-champ">M 52 dans un coin du champ</h1>
<p><figure class="post-figure">
  <img src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-05_ngc-7635_nebuleuse-de-la-bulle/NGC_7635_243x30sec_T24degC_2026-09-05_stretched_annoted_skycaption.webp" alt="Photo annotée du champ autour de NGC 7635" loading="lazy" decoding="async" width="1416" height="1062">
  <figcaption>Champ autour de NGC 7635 après plate solving : M 52 identifié en haut à gauche.</figcaption>
</figure></p>
<p>Sur mon cadrage large, <a href="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-05_messier-52_amas-sel-et-poivre/">M 52</a> apparaît tout en haut à gauche, à peine 37 minutes d&rsquo;arc de la bulle. Je lui consacre son propre article, avec toute son histoire et le détail de ses chiffres.</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Messier 52 - L'Amas Sel et Poivre</title><link>https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-05_messier-52_amas-sel-et-poivre/</link><pubDate>Sat, 05 Sep 2026 00:00:00 +0000</pubDate><guid isPermaLink="true">https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-05_messier-52_amas-sel-et-poivre/</guid><category>Amas</category><category>Cassiopée</category><category>M 52</category><category>NGC 7654</category><category>NGC 7635</category><category>🏆 Défi Messier</category><description>Un amas ouvert au petit nom de sel et poivre, dont l'âge est passé de 35 à 120 millions d'années grâce aux dernières mesures du satellite Gaia.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-05_messier-52_amas-sel-et-poivre/NGC_7635_243x30sec_T24degC_2026-09-05_stretched_skycaption_hu_a67cb8a60720bbcb.jpg" alt="Messier 52 - L&#39;Amas Sel et Poivre"></p>
<p>Cette photo et celle de <a href="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-05_ngc-7635_nebuleuse-de-la-bulle/">NGC 7635</a> viennent de la même session, 243 poses de 30 secondes pour 2h01 de pose au total. J&rsquo;ai volontairement fait un cadrage très serré sur Messier 52 pour le Défi Messier, afin de bien isoler l&rsquo;amas. J&rsquo;ai gardé les données brutes de côté pour en faire un second traitement, cadré plus large cette fois, centré sur sa voisine la nébuleuse de la Bulle.</p>
<h1 id="une-comète-encore-une-fois">Une comète, encore une fois</h1>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Messier">Charles Messier</a> découvre cet amas le <a href="https://messier.obspm.fr/f/m052.html">7 septembre 1774</a> : encore <a href="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-21_messier-2_amas-du-verseau/">une comète dans le coin</a>, décidément ce blog leur doit beaucoup. Il s&rsquo;agit cette fois de la comète <a href="https://messier.obspm.fr/xtra/history/50comets.html">C/1774 P1</a>, dite « comète de Montaigne » : ce soir-là, <a href="https://messier.obspm.fr/Mdes/dm052.html">Messier repère l&rsquo;amas juste à côté d&rsquo;elle dans le ciel</a>, et note leurs deux positions ensemble. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Herschel">William Herschel</a> l&rsquo;observe à nouveau le 29 août 1783, puis son fils John le 9 octobre 1829. Il est également répertorié dans le catalogue NGC, sous le nom <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/M52_(amas_ouvert)">NGC 7654</a>.</p>
<figure class="post-figure skymap">
  
  <img class="skymap-for-light" src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-05_messier-52_amas-sel-et-poivre/m-52_map_transparent-dark.svg" alt="Carte du ciel autour de M 52" loading="lazy" decoding="async" width="971" height="834">
  <figcaption>Carte du ciel autour de M 52 (en rouge), dans la constellation de Cassiopée.</figcaption>
</figure>
<p>Pour le trouver, direction la constellation de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Cassiop%C3%A9e_(constellation)">Cassiopée</a>, du côté de la frontière avec Céphée et le Lézard, en plein dans la Voie lactée.</p>
<h1 id="sel-et-poivre">Sel et poivre</h1>
<p>Les <a href="https://www.asso-sterenn.fr/messier-52/">observateurs amateurs</a> surnomment cet amas le « sel et poivre », et vu de plus près, on comprend pourquoi : une multitude de petites étoiles blanches, ponctuées de quelques points plus sombres, avec une forme qu&rsquo;on décrit parfois comme un éventail ou un « V ». Sa magnitude tourne autour de 7, invisible à l&rsquo;œil nu, mais déjà bien visible aux jumelles.</p>
<p>Sa distance est difficile à fixer : les anciennes estimations allaient de 3 000 à 7 000 années-lumière, avant qu&rsquo;une <a href="https://arxiv.org/abs/1805.08726">étude de 2018</a> s&rsquo;appuyant sur les mesures de parallaxe du satellite <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gaia_(satellite)">Gaia</a>, obtenues sur près de 800 étoiles membres, ne la resserre à environ 5 300 années-lumière. Même chose pour son âge : la référence classique lui donnait 35 millions d&rsquo;années, mais une <a href="https://arxiv.org/abs/2107.03462">étude de 2021</a> s&rsquo;appuyant elle aussi sur Gaia le remonte plutôt à 120 millions d&rsquo;années. Et pour le nombre d&rsquo;étoiles, on est passé d&rsquo;un comptage visuel d&rsquo;environ 190 dans les années 1950 à près de 800 membres probables aujourd&rsquo;hui : preuve que Gaia a changé beaucoup plus que la seule distance !</p>
<h1 id="sa-voisine-la-nébuleuse-de-la-bulle">Sa voisine, la nébuleuse de la Bulle</h1>
<p>À peine 37 minutes d&rsquo;arc plus loin se cache <a href="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-05_ngc-7635_nebuleuse-de-la-bulle/">NGC 7635</a>, la nébuleuse de la Bulle. Je lui consacre son propre article plutôt que de tout redire ici, mais elle est bien visible dans le coin de mon cadrage large, avec M 52 pour compagnie.</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Messier 51 - La Galaxie du Tourbillon</title><link>https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-05_messier-51_la-galaxie-du-tourbillon/</link><pubDate>Sat, 05 Sep 2026 00:00:00 +0000</pubDate><guid isPermaLink="true">https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-05_messier-51_la-galaxie-du-tourbillon/</guid><category>Galaxies</category><category>Chiens de Chasse</category><category>M 51</category><category>NGC 5194</category><category>NGC 5195</category><category>NGC 5198</category><category>NGC 5169</category><category>NGC 5173</category><category>NGC 5229</category><category>IC 4278</category><category>🏆 Défi Messier</category><description>Une galaxie spirale qui a mis 70 ans à dévoiler sa forme, en interaction avec sa compagne NGC 5195 et entourée de galaxies discrètes en arrière-plan.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-05_messier-51_la-galaxie-du-tourbillon/M_51_90x30sec_T27degC_2026-09-05_stretched_skycaption_hu_3f55d4cede2a4cb7.jpg" alt="Messier 51 - La Galaxie du Tourbillon"></p>
<p>À l&rsquo;origine, cette photo devait être un bonus pour un autre article, mais le résultat est tellement chouette que j&rsquo;ai décidé d&rsquo;en faire un article à part entière. J&rsquo;ai fait cette photo sans en attendre grand-chose, en début de soirée, le temps d&rsquo;attendre la nuit complète pour un autre objet céleste. Le résultat est quand même fou pour moins d&rsquo;une heure de pose au total. Encore une fois, le post-traitement fait sur ordinateur est bien plus puissant que l&rsquo;appli du télescope.</p>
<p>Il y a pas mal de choses à dire sur cette photo tellement elle est riche en éléments.</p>
<h1 id="une-spirale-qui-a-mis-70-ans-à-se-dévoiler">Une spirale qui a mis 70 ans à se dévoiler</h1>
<p>Commençons par la localiser dans le ciel du nord, dans la constellation des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Chiens_de_chasse">Chiens de Chasse</a>. Elle est tout en haut de la constellation, à la limite de la queue de la casserole de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_Ourse">Grande Ourse</a>.</p>
<figure class="post-figure skymap">
  
  <img class="skymap-for-light" src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-05_messier-51_la-galaxie-du-tourbillon/m-51_map_transparent-dark.svg" alt="Carte du ciel autour de M 51" loading="lazy" decoding="async" width="971" height="834">
  <figcaption>Carte du ciel autour de M 51 (en rouge), dans la constellation des Chiens de Chasse.</figcaption>
</figure>
<p>Cette <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Galaxie_spirale">galaxie spirale</a> très caractéristique a été découverte le 13 octobre 1773 par <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Messier">Charles Messier</a>. Située à environ 27 millions d&rsquo;années-lumière de notre planète, nous l&rsquo;observons de face. En 1781, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_M%C3%A9chain">Pierre Méchain</a>, ami de Charles Messier, découvre la galaxie qui accompagne M 51, désormais cataloguée NGC 5195. Mais ni Charles Messier, ni Pierre Méchain n&rsquo;ont vu de spirale : il aura fallu attendre 1845 pour que <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Parsons">William Parsons (dit Lord Rosse)</a>, riche astronome irlandais, puisse observer cette structure.</p>
<p>Revenons sur <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/NGC_5195">NGC 5195</a> (ou M 51B) : c&rsquo;est une <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Galaxie_lenticulaire">galaxie lenticulaire</a> qui est en forte interaction gravitationnelle avec M 51, ce qui provoque sa déformation. Les <a href="https://academic.oup.com/mnras/article/319/2/377/1293223?login=false">astronomes et astrophysiciens</a> pensent que cette galaxie serait arrivée par derrière (par rapport à notre point de vue) M 51, et l&rsquo;aurait traversée il y a entre 400 et 500 millions d&rsquo;années. Elle l&rsquo;aurait de nouveau croisée il y a 50 à 100 millions d&rsquo;années, pour finalement atteindre sa position actuelle. (Cet article sera probablement obsolète d&rsquo;ici quelques millions d&rsquo;années, car sa position aura encore changé !)</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;astrophoto témoigne du caractère quasi parfait de cette galaxie spirale : on pense que cette forme vient de l&rsquo;interaction de la galaxie avec sa compagne. C&rsquo;est aujourd&rsquo;hui une galaxie très vivante, animée par un <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Trou_noir_supermassif">trou noir supermassif</a> actif en son centre ; on y observe des naissances d&rsquo;étoiles, des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Supernova">supernovae</a> et bien d&rsquo;autres belles choses.</p>
<h1 id="les-invités-surprises">Les invités surprises</h1>
<p><figure class="post-figure">
  <img src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-05_messier-51_la-galaxie-du-tourbillon/M_51_90x30sec_T27degC_2026-09-05_stretched_annoted_skycaption.webp" alt="Photo annotée du champ autour de M 51 avec les galaxies d&rsquo;arrière-plan identifiées" loading="lazy" decoding="async" width="1693" height="1693">
  <figcaption>Champ autour de M 51 après plate solving : l&#39;outil a repéré NGC 5198, NGC 5169, NGC 5173, IC 4263, IC 4284, IC 4278 et NGC 5229.</figcaption>
</figure></p>
<p>Mais si on regarde la photo dans le détail, il y a d&rsquo;autres invités qui se cachent tout autour. J&rsquo;ai fait passer l&rsquo;image dans un logiciel de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Astrom%C3%A9trie">plate solving</a> pour identifier tout ce petit monde : l&rsquo;outil a repéré sept autres galaxies dans le champ.</p>
<p>La plus connue, c&rsquo;est <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/NGC_5198">NGC 5198</a>, une <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Galaxie_elliptique">galaxie elliptique</a> découverte par <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Herschel">William Herschel</a> en 1787, à environ 129 millions d&rsquo;années-lumière, donc déjà cinq fois plus loin que notre Tourbillon. Elle forme en réalité un vrai petit groupe avec ses voisines <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/NGC_5169">NGC 5169</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/NGC_5173">NGC 5173</a> (elles partagent à peu près la même vitesse), contrairement à toutes les autres galaxies de la liste qui ne sont que des alignements du hasard, sans aucun lien entre elles. IC 4278, elle, se planque juste à côté de NGC 5195, à environ 240 millions d&rsquo;années-lumière : encore une fois, rien à voir avec notre <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Galaxie_en_interaction">paire de galaxies en interaction</a>.</p>
<p>En bas à gauche de la photo, on trouve aussi <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/NGC_5229">NGC 5229</a>, vue par la tranche. Elle appartient au Groupe de M 51, qui compte une dizaine de membres dont M 51 elle-même, M 63 et NGC 5195, et se trouve à une distance comparable (25 à 30 millions d&rsquo;années-lumière). C&rsquo;est donc la seule vraie voisine de M 51 sur cette photo.</p>
<p>Pour les autres (IC 4263, IC 4284), je n&rsquo;ai pas trouvé grand-chose à raconter, ce sont juste de petites galaxies perdues dans le fond du ciel. Ce qui est fou, c&rsquo;est qu&rsquo;avec du matériel grand public et à peine une heure de pose, on arrive quand même à capter tout ce monde-là en arrière-plan.</p>
<h1 id="la-galaxie-dans-un-gros-télescope">La galaxie dans un &ldquo;gros&rdquo; télescope</h1>
<p>J&rsquo;ai voulu en voir plus sur cette galaxie, donc j&rsquo;ai profité de mon abonnement au service telescope.live pour récupérer un jeu de données brut sur M 51 et l&rsquo;ai traité. Donc toujours un empilement sur Siril et un traitement sur AstroWizard. Le résultat est juste fou ! Ça fourmille de détails sur cette photo.</p>
<p><img src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-09-05_messier-51_la-galaxie-du-tourbillon/M51_LRGBHa_skycaption.webp" alt="M 51 sur un télescope de 71cm d&rsquo;ouverture !" loading="lazy" decoding="async" width="2276" height="1517"></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Messier 11 - L'Amas du Canard Sauvage</title><link>https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-12_messier-11_amas-du-canard-sauvage/</link><pubDate>Wed, 12 Aug 2026 00:00:00 +0000</pubDate><guid isPermaLink="true">https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-12_messier-11_amas-du-canard-sauvage/</guid><category>Amas</category><category>Écu de Sobieski</category><category>M 11</category><category>NGC 6705</category><category>🏆 Défi Messier</category><description>Cet amas ressemblait à une tache floue... jusqu'à ce qu'on y découvre plus de 2900 étoiles, dans une forme qui évoque un vol de canards.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-12_messier-11_amas-du-canard-sauvage/M_11_154x30sec_T36degC_2026-08-12_stretched_skycaption_hu_1df12f2c5bc886fd.jpg" alt="Messier 11 - L&#39;Amas du Canard Sauvage"></p>
<p>Photo prise en début de soirée en attendant la nuit noire complète. L&rsquo;amas étant bas sur l&rsquo;horizon, je n&rsquo;ai eu qu&rsquo;une petite fenêtre de temps pour photographier cet amas. On est clairement en plein dans la Voie lactée, le ciel est très dense en étoiles. Les <a href="https://deepskycorner.ch/obj/m11.en.php#b108">tâches noires que l&rsquo;on voit</a> correspondent à des nébuleuses obscures qui sont référencées dans le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Catalogue_de_Barnard">catalogue de Barnard</a> de l&rsquo;astronome américain <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Edward_Emerson_Barnard">Edward Emerson Barnard</a>. Son catalogue référence 182 nébuleuses dont beaucoup se trouvent dans cette région du ciel.</p>
<h1 id="à-propos-de-cet-amas">À propos de cet Amas</h1>
<p>Cet amas a été découvert par <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gottfried_Kirch">Gottfried Kirch</a> un astronome allemand en 1681 depuis l&rsquo;observatoire de Berlin. À cette époque notre astronome ne voyait qu&rsquo;une tache floue. Il faudra attendre l&rsquo;année 1733 pour que <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Derham">William Derham</a> puisse commencer à résoudre les étoiles de cet amas. Résoudre les étoiles, c&rsquo;est la capacité à distinguer chaque étoile individuelle de l&rsquo;amas. Généralement plus l&rsquo;ouverture d&rsquo;un instrument est grande, plus l&rsquo;on collecte de lumière et plus le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pouvoir_de_r%C3%A9solution">pouvoir de résolution</a> est grand. Trêve de digression, revenons à notre amas. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Messier">Charles Messier</a> que l&rsquo;on ne présente plus, <a href="https://www.asso-sterenn.fr/html/wp-content/uploads/2017/12/Messier11.png">l&rsquo;observe</a> et l&rsquo;ajoute à son catalogue en 1764. Quant à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Dreyer">John Dreyer</a>, astronome irlando-danois, il l&rsquo;ajoute à son <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/New_General_Catalogue">New General Catalogue</a> sous le numéro 6705.</p>
<figure class="post-figure skymap">
  
  <img class="skymap-for-light" src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-12_messier-11_amas-du-canard-sauvage/m-11_map_transparent-dark.svg" alt="Carte du ciel autour de M 11" loading="lazy" decoding="async" width="975" height="834">
  <figcaption>Carte du ciel autour de M 11 (en rouge), dans la constellation de l&#39;Écu de Sobieski.</figcaption>
</figure>
<p>Cet amas est très compact, probablement le plus compact de toute la Voie lactée, et contient plus de 2 900 étoiles. Il est situé à <a href="https://science.nasa.gov/mission/hubble/science/explore-the-night-sky/hubble-messier-catalog/messier-11/">environ 6 200 années-lumière</a> de la Terre dans la constellation de l&rsquo;Écu de Sobieski. Son âge est estimé à 220 millions d&rsquo;années, ce qui est très jeune à l&rsquo;échelle de l&rsquo;Univers. Il est très compliqué d&rsquo;obtenir des chiffres exacts sur cet objet car il est situé dans une partie très dense du ciel. Par exemple sa masse est estimée entre 3 700 et 11 000 masses solaires : la fourchette est large !</p>
<h1 id="doù-vient-ce-drôle-de-nom-">D&rsquo;où vient ce drôle de nom ?</h1>
<p>Il faut que l&rsquo;on parle du nom donné à cet amas par l&rsquo;astronome anglais <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Henry_Smyth">William Henry Smyth</a> qui a noté dans son livre d&rsquo;observation <em>A Cycle of Celestial Objects</em> une forme de V et a écrit <em>«This object, which somewhat resembles a flight of wild ducks in shape&hellip;»</em> Que l&rsquo;on peut traduire par : «Cet objet, dont la forme rappelle quelque peu un vol de canards sauvages&hellip;». Je me passerai de commentaires&hellip; mais, personnellement, je n&rsquo;ai jamais vu ça ! Enfin, le nom est quand même sympa ce qui fait que cet amas se retient facilement.</p>
<h1 id="le-canard-sauvage-de-plus-près">Le Canard sauvage de plus près</h1>
<p>J&rsquo;aimerais clôturer cet article avec l&rsquo;image prise par le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Hubble_(t%C3%A9lescope_spatial)">télescope spatial Hubble</a> qui a capturé une toute petite partie de l&rsquo;amas et qui montre la variété d&rsquo;étoiles qui le compose. Et à quel point les étoiles sont proches les unes des autres.</p>
<p><figure class="post-figure">
  <img src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-12_messier-11_amas-du-canard-sauvage/M11_Hubble_WFC3.webp" alt="Portion de M 11 photographiée par le télescope spatial Hubble" loading="lazy" decoding="async" width="2000" height="1920">
  <figcaption>M 11 vu par la caméra WFC3 de Hubble, en ultraviolet et visible. Crédit : ESA/Hubble &amp; NASA, P. Dobbie et al.</figcaption>
</figure></p>
]]></content:encoded></item><item><title>Éclipse solaire partielle</title><link>https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-12_soleil_eclipse-partielle/</link><pubDate>Wed, 12 Aug 2026 00:00:00 +0000</pubDate><guid isPermaLink="true">https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-12_soleil_eclipse-partielle/</guid><category>Soleil</category><category>Soleil</category><category>Lune</category><category>Éclipse solaire</category><description>Une éclipse partielle à 92,2% en Île-de-France !</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-12_soleil_eclipse-partielle/montage_eclipse_legend_hu_6a163123da3a70db.jpg" alt="Éclipse solaire partielle"></p>
<p>Le 12 août 2026, j&rsquo;ai vécu ma première éclipse partielle quasi complète. À 20h17 (heure locale) la Lune cachait le soleil de 92,2% en Île-de-France !</p>
<h1 id="particularité-de-cette-éclipse">Particularité de cette éclipse</h1>
<p>Cette éclipse a eu lieu le soir, le maximum était à 20h17, le Soleil était donc bas sur l&rsquo;horizon : entre 10° et 5°. Par conséquent, il valait mieux une vue très dégagée sur l&rsquo;ouest pour pouvoir observer convenablement ce phénomène céleste.</p>
<p><figure class="post-figure">
  <img src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-12_soleil_eclipse-partielle/capture_stellarium.webp" alt="Capture d&rsquo;écran de Stellarium à l&rsquo;heure du maximum de l&rsquo;éclipse" loading="lazy" decoding="async" width="1535" height="889">
  <figcaption>Capture d&#39;écran de Stellarium à l&#39;heure du maximum de l&#39;éclipse</figcaption>
</figure></p>
<h1 id="le-choix-du-spot">Le choix du spot</h1>
<p>Je suis parti en repérage la veille de l&rsquo;éclipse. Je me rends à la colline d&rsquo;Élancourt à quelques minutes de mon domicile. Je trouve un bon spot plein ouest. Au top !</p>
<p><figure class="post-figure">
  <img src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-12_soleil_eclipse-partielle/IMG_3090.webp" alt="Photo prise la veille de l&rsquo;éclipse en direction de l&rsquo;ouest" loading="lazy" decoding="async" width="1600" height="1200">
  <figcaption>Photo prise la veille de l&#39;éclipse en direction de l&#39;ouest</figcaption>
</figure></p>
<p>Ce choix ne s&rsquo;est pas avéré être le meilleur. Bien qu&rsquo;étant en hauteur, nous avons (ma compagne et moi-même) pu voir l&rsquo;éclipse dans son intégralité, mais le sommet de la colline n&rsquo;est finalement pas très grand et il y avait beaucoup trop de monde. Je savais qu&rsquo;il allait y avoir du monde mais franchement pas autant.</p>
<p><figure class="post-figure">
  <img src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-12_soleil_eclipse-partielle/IMG_3091.webp" alt="La foule et mon petit Seestar S30 Pro devant" loading="lazy" decoding="async" width="1600" height="1200">
  <figcaption>La foule et mon petit Seestar S30 Pro devant</figcaption>
</figure></p>
<p><figure class="post-figure">
  <img src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-12_soleil_eclipse-partielle/IMG_3099.webp" alt="Nous avons profité d&rsquo;un joli coucher de soleil après l&rsquo;éclipse" loading="lazy" decoding="async" width="1600" height="1200">
  <figcaption>Nous avons profité d&#39;un joli coucher de soleil après l&#39;éclipse</figcaption>
</figure></p>
<h2 id="conséquence-dun-mauvais-choix-de-spot">Conséquence d&rsquo;un mauvais choix de spot</h2>
<p>L&rsquo;idée de départ était de faire un timelapse de l&rsquo;éclipse. Impossible avec le monde passant devant le Seestar S30 Pro, le pauvre perdait le tracking et la mise au point en permanence. J&rsquo;ai quand même sauvé mes prises de vue avec un joli montage. J&rsquo;ai tout simplement extrait toutes les frames des vidéos et choisi les meilleures pour faire une sorte de timelapse photo.</p>
<h1 id="prochaine-éclipse">Prochaine éclipse</h1>
<p>La prochaine fois, je me préparerai davantage en choisissant un spot peut-être moins bien, mais moins prisé. La prochaine éclipse est prévue le 2 août 2027 entre 10h00 et 12h04, elle sera également partielle en France (51% en Île-de-France), mais au moins le Soleil sera bien plus haut dans le ciel, autour de 43° au-dessus de l&rsquo;horizon, donc &ldquo;n&rsquo;importe quel&rdquo; spot fera l&rsquo;affaire.</p>
]]></content:encoded></item><item><title>Messier 13 - Le grand Amas d'Hercule</title><link>https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-11_messier-13_amas-d-hercule/</link><pubDate>Tue, 11 Aug 2026 00:00:00 +0000</pubDate><guid isPermaLink="true">https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-11_messier-13_amas-d-hercule/</guid><category>Amas</category><category>Hercule</category><category>M 13</category><category>NGC 6205</category><category>NGC 6207</category><category>IC 4617</category><category>Abell 2199</category><category>🏆 Défi Messier</category><description>Plus de 100 000 étoiles, un âge proche de celui de l'Univers, et des collisions d'étoiles en prime.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-11_messier-13_amas-d-hercule/M_13_159x30sec_T34degC_2026-08-11_stretched_skycaption_hu_59e165c5066d9339.jpg" alt="Messier 13 - Le grand Amas d&#39;Hercule"></p>
<p>Cette photo a été prise sur deux débuts de soirée de suite en attendant la nuit noire avant de passer sur d&rsquo;autres objets moins brillants. On peut remarquer une petite tache floue à 7h, il s&rsquo;agit d&rsquo;une galaxie spirale, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/NGC_6207">NGC 6207</a> !</p>
<h1 id="un-amas-presque-aussi-vieux-que-lunivers">Un amas presque aussi vieux que l&rsquo;Univers</h1>
<p>Le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Amas_d'Hercule">Grand Amas d&rsquo;Hercule</a> est un <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Amas_globulaire">amas globulaire</a> très brillant du ciel profond. Il est composé de plus de 100 000 étoiles et d&rsquo;un diamètre d&rsquo;environ 145 années-lumière. Il se situe aujourd&rsquo;hui à environ 25 100 années-lumière du Soleil dans la constellation d&rsquo;Hercule, d&rsquo;où vient son nom. Difficile de lui donner un âge, mais selon les dernières estimations, il serait vieux d&rsquo;environ 11,65 milliards d&rsquo;années, parmi les plus vieux objets connus de notre galaxie. Cet amas est si dense et les étoiles si rapprochées, qu&rsquo;il n&rsquo;est pas rare qu&rsquo;elles rentrent en collision entre elles. Cette collision crée alors une nouvelle étoile massive appelée <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tra%C3%AEnarde_bleue">traînarde bleue</a>.</p>
<figure class="post-figure skymap">
  
  <img class="skymap-for-light" src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-11_messier-13_amas-d-hercule/m-13_map_transparent-dark.svg" alt="Carte du ciel autour de M 13" loading="lazy" decoding="async" width="971" height="834">
  <figcaption>Carte du ciel autour de M 13 (en rouge), dans la constellation d&#39;Hercule.</figcaption>
</figure>
<p>Cet amas a été découvert en 1714 par <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Edmond_Halley">Edmond Halley</a>. À cette époque, point de pollution lumineuse, Edmond Halley notait qu&rsquo;il était visible à l&rsquo;œil nu quand le ciel est clair et la Lune absente. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Messier">Charles Messier</a> a quant à lui intégré cet objet dans son catalogue en <a href="https://messier.obspm.fr/f/m013.html">juin 1764</a>. <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Herschel">William Herschel</a> a fait sa première observation le 22 août 1779, et en 1783 avec un télescope de sept pieds (ici, il s&rsquo;agit de la longueur du télescope et non de l&rsquo;ouverture, 7 pieds c&rsquo;est environ un peu plus de 2 mètres), <a href="https://messier.obspm.fr/Mdes/dm013.html">il a compté 227 étoiles</a>. L&rsquo;amas est également présent dans le catalogue NGC : NGC 6205.</p>
<p>Je ne résiste pas à l&rsquo;envie d&rsquo;écrire quelques mots sur le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Message_d%27Arecibo">message d&rsquo;Arecibo</a>. Le 16 novembre 1974, nous, petits humains d&rsquo;une planète perdue au milieu de nulle part, envoyons un message radio vers l&rsquo;espace en direction de Messier 13 en utilisant <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Radiot%C3%A9lescope_d'Arecibo">le radiotélescope d&rsquo;Arecibo</a>. Le message va mettre environ 25 100 ans avant d&rsquo;arriver à destination. Donc à l&rsquo;heure où j&rsquo;écris cet article, le message n&rsquo;est pas très loin de la Terre, il lui reste environ 25 048 années avant d&rsquo;arriver. C&rsquo;est bien sûr à prendre comme une démonstration technique plus qu&rsquo;un réel essai d&rsquo;entrer en contact avec une civilisation extraterrestre.</p>
<h1 id="et-derrière-lamas-des-galaxies">Et derrière l&rsquo;amas, des galaxies</h1>
<p><figure class="post-figure">
  <img src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-11_messier-13_amas-d-hercule/M_13_159x30sec_T34degC_2026-08-11_stretched_annoted_skycaption.webp" alt="Photo annotée du champ autour de M 13 avec les galaxies d&rsquo;arrière-plan identifiées" loading="lazy" decoding="async" width="1677" height="2096">
  <figcaption>Champ autour de M 13 après plate solving : l&#39;outil a repéré NGC 6207, IC 4617, NGC 6197, NGC 6196 et IC 4614.</figcaption>
</figure></p>
<p>Comme je disais en introduction, il y a une tache floue à 7h, c&rsquo;est une <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Galaxie_spirale">galaxie spirale</a> cataloguée <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/NGC_6207">NGC 6207</a> découverte par William Herschel en 1787. Très souvent les galaxies se regroupent en amas, celle-ci fait partie de l&rsquo;exception puisqu&rsquo;elle est toute seule et gravitationnellement isolée. On estime sa distance à environ 66,2 millions d&rsquo;années-lumière soit environ 2 600 fois plus loin que notre amas d&rsquo;Hercule. Quant à sa masse, elle est estimée à 6,2 milliards de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Masse_solaire">masses solaires</a>. Parmi les dernières observations récentes autour de cette galaxie, une <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Supernova">supernova</a> (l&rsquo;implosion d&rsquo;une étoile) y a été observée en janvier 2004. Un long <a href="https://arxiv.org/abs/astro-ph/0603670">papier scientifique</a> y est dédié.</p>
<p>Mais ce n&rsquo;est pas fini : en regardant plus loin, dans le coin en haut à droite de la photo, on découvre quatre autres galaxies, bien plus discrètes. <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/IC_4617">IC 4617</a> se cache à mi-chemin entre M 13 et NGC 6207, avec une magnitude de 16 : elle n&rsquo;est visible qu&rsquo;en pose longue. On estime sa distance à environ 553 millions d&rsquo;années-lumière, soit environ huit fois plus loin que NGC 6207 ! Malgré son minuscule point sur la photo, elle mesure environ 115 000 années-lumière de diamètre, ce qui la rend légèrement plus grande que notre propre Voie lactée. Elle appartient à l&rsquo;amas de galaxies <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Abell_2199">Abell 2199</a>, qui regroupe plus de 290 galaxies à environ 410 millions d&rsquo;années-lumière, autour de la galaxie géante NGC 6166.</p>
<p>Quant à <a href="https://theskylive.com/sky/deepsky/ngc6196-object">NGC 6196</a> et <a href="https://theskylive.com/sky/deepsky/ngc6197-object">NGC 6197</a>, accompagnées d&rsquo;<a href="https://theskylive.com/sky/deepsky/ic4614-object">IC 4614</a> un peu plus loin, elles se trouvent juste à côté dans le champ et font très probablement partie du même amas Abell 2199, même si je n&rsquo;ai pas trouvé de confirmation formelle pour ces trois-là précisément. Ce petit coin de ciel derrière M 13 n&rsquo;est donc pas qu&rsquo;un simple fond étoilé : c&rsquo;est un véritable amas de centaines de galaxies qui s&rsquo;y cache, à des centaines de millions d&rsquo;années-lumière de nous.</p>
]]></content:encoded></item><item><title>IC 5070 - Nébuleuse du Pélican</title><link>https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-11_ic-5070_nebuleuse-du-pelican/</link><pubDate>Tue, 11 Aug 2026 00:00:00 +0000</pubDate><guid isPermaLink="true">https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-11_ic-5070_nebuleuse-du-pelican/</guid><category>Nébuleuses</category><category>Cygne</category><category>IC 5070</category><category>NGC 7000</category><category>HH 555</category><description>Une région de formation d'étoiles où l'on peut repérer les jets de jeunes protoétoiles à peine nées</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-11_ic-5070_nebuleuse-du-pelican/IC_5070_806x30sec_T30degC_2026-08-11_stretched_skycaption_hu_4056629e938b8a59.jpg" alt="IC 5070 - Nébuleuse du Pélican"></p>
<p>Encore une cible dans la constellation du Cygne, décidément la plus généreuse du ciel d&rsquo;été ! Celle-ci porte bien son nom : les volutes de poussière sombre qui se détachent sur le gaz ionisé dessinent la silhouette d&rsquo;un <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9buleuse_du_P%C3%A9lican">pélican</a>, bec et cou compris.</p>
<h1 id="une-découverte-en-deux-temps">Une découverte en deux temps</h1>
<p>C&rsquo;est l&rsquo;astronome allemand <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Max_Wolf">Max Wolf</a> qui la photographie le premier, le 12 décembre 1890. Mais dans son article du 10 juin 1891, il ne fait que décrire la nébuleuse de façon générale, sans donner de position précise. Il faudra attendre le 7 septembre 1899 pour que l&rsquo;astronome britannique <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/T._H._E._C._Espin">Thomas Espin</a> l&rsquo;observe à son tour et en donne cette fois une position exacte. C&rsquo;est cette précision qui permet à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Louis_Emil_Dreyer">John Dreyer</a> de l&rsquo;ajouter à son Index Catalogue, sous le nom IC 5070.</p>
<figure class="post-figure skymap">
  
  <img class="skymap-for-light" src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-11_ic-5070_nebuleuse-du-pelican/ic-5070_map_transparent-dark.svg" alt="Carte du ciel autour d&#39;IC 5070" loading="lazy" decoding="async" width="971" height="834">
  <figcaption>Carte du ciel autour d&#39;IC 5070 (en rouge), dans la constellation du Cygne.</figcaption>
</figure>
<h1 id="une-région-hii-partagée-avec-sa-voisine">Une région HII partagée avec sa voisine</h1>
<p>IC 5070 est une <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9gion_H_II">région HII</a> : un nuage d&rsquo;hydrogène ionisé par le rayonnement de jeunes étoiles chaudes. Elle se situe à environ 2 000 années-lumière (soit environ 613 parsecs), pour un diamètre réel d&rsquo;environ 45 années-lumière, avec une magnitude apparente de 8. Elle n&rsquo;est en réalité que la partie visible d&rsquo;un même et vaste ensemble partagé avec sa voisine, la <a href="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-07_ngc-7000_nebuleuse-de-l-amerique-du-nord/">Nébuleuse de l&rsquo;Amérique du Nord</a> (NGC 7000) : les deux nébuleuses font partie de la même région HII, connue pour être très active en formation d&rsquo;étoiles. Un épais nuage de poussière sombre les sépare et, vu depuis la Terre, masque la matière lumineuse entre elles, donnant l&rsquo;impression de deux nébuleuses bien distinctes.</p>
<h1 id="des-jets-de-jeunes-étoiles-en-pleine-formation">Des jets de jeunes étoiles en pleine formation</h1>
<p>Le rayonnement d&rsquo;une jeune étoile chaude sculpte peu à peu le nuage de gaz, et forme au passage des <a href="https://www.cidehom.com/apod.php?_date=221011">piliers de poussière</a> longs d&rsquo;environ une année-lumière. C&rsquo;est le long de ces piliers que se cachent de toutes jeunes étoiles, encore enfouies dans leur nuage, qui éjectent de véritables jets de matière : ce sont des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Objet_Herbig-Haro">objets de Herbig-Haro</a>. Le plus connu ici s&rsquo;appelle <a href="https://www.cidehom.com/apod.php?_date=221011">HH 555</a>, et ses deux jets sont visibles sur les images profondes de la nébuleuse.</p>
<p><figure class="post-figure">
  <img src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-11_ic-5070_nebuleuse-du-pelican/IC_5070_806x30sec_T30degC_2026-08-11_stretched_annoted_skycaption.webp" alt="Objets de Herbig-Haro repérés sur ma photo d&rsquo;IC 5070" loading="lazy" decoding="async" width="2060" height="2059">
  <figcaption>HH 555, HH 568 et HH 565 repérés dans le bec de la nébuleuse.</figcaption>
</figure></p>
]]></content:encoded></item><item><title>NGC 6888 - Nébuleuse du Croissant</title><link>https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-09_ngc-6888_nebuleuse-du-croissant/</link><pubDate>Sun, 09 Aug 2026 00:00:00 +0000</pubDate><guid isPermaLink="true">https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-09_ngc-6888_nebuleuse-du-croissant/</guid><category>Nébuleuses</category><category>Cygne</category><category>NGC 6888</category><category>Caldwell 27</category><category>Sharpless 105</category><category>IC 4996</category><category>NGC 6881</category><description>Une bulle de gaz soufflée par une étoile qui explosera en supernova dans 100 000 ans</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-09_ngc-6888_nebuleuse-du-croissant/NGC_6888_566x20sec_T31degC_2026-08-09_stretched_skycaption_hu_689a49787c5349ac.jpg" alt="NGC 6888 - Nébuleuse du Croissant"></p>
<p>Session d&rsquo;une seule nuit pour cette nébuleuse. J&rsquo;ai volontairement cadré large pour laisser apparaître les nuages de gaz qui l&rsquo;entourent, et quelques amas supplémentaires.</p>
<figure class="post-figure skymap">
  
  <img class="skymap-for-light" src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-09_ngc-6888_nebuleuse-du-croissant/ngc-6888_map_transparent-dark.svg" alt="Carte du ciel autour de NGC 6888" loading="lazy" decoding="async" width="971" height="834">
  <figcaption>Carte du ciel autour de NGC 6888 (en rouge), dans la constellation du Cygne.</figcaption>
</figure>
<h1 id="une-bulle-soufflée-par-une-étoile-en-fin-de-vie">Une bulle soufflée par une étoile en fin de vie</h1>
<p>C&rsquo;est <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Herschel">William Herschel</a> qui la découvre, le 15 septembre 1792. Elle est également cataloguée Caldwell 27 et Sharpless 105. Elle se situe à environ 5 650 <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9buleuse_du_Croissant">années-lumière</a> de nous (mesure obtenue via la parallaxe de l&rsquo;étoile centrale, prise par le satellite Gaia), pour une taille apparente de 18 x 13 minutes d&rsquo;arc.</p>
<p>En son cœur se trouve une <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89toile_Wolf-Rayet">étoile Wolf-Rayet</a> : HD 192163, aussi appelée WR 136. Cette étoile a d&rsquo;abord éjecté ses couches externes à environ 32 000 km/h, du temps où elle était une géante rouge. Puis, en fin de vie, son rayonnement intense a commencé à repousser son propre gaz à plus de 3 millions de kilomètres par heure. C&rsquo;est ce vent rapide qui rattrape et percute les couches éjectées plus tôt qui a sculpté la coquille qu&rsquo;on observe aujourd&rsquo;hui.</p>
<p>L&rsquo;étoile à l&rsquo;origine de tout ça pesait initialement entre 25 et 50 masses solaires. Elle explosera en supernova dans environ 100 000 ans.</p>
<h1 id="ce-que-le-plate-solving-a-débusqué">Ce que le plate solving a débusqué</h1>
<p><figure class="post-figure">
  <img src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-09_ngc-6888_nebuleuse-du-croissant/NGC_6888_566x20sec_T31degC_2026-08-09_stretched_annoted_skycaption.webp" alt="Photo annotée du champ autour de NGC 6888" loading="lazy" decoding="async" width="2038" height="2038">
  <figcaption>Champ autour de NGC 6888 après plate solving : IC 4996, NGC 6881 et NGC 6874 identifiés.</figcaption>
</figure></p>
<p>Le plate solving m&rsquo;a repéré trois autres objets dans le champ : <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/IC_4996">IC 4996</a>, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/NGC_6881">NGC 6881</a> et NGC 6874.</p>
<p>IC 4996 est un jeune amas ouvert de 76 étoiles, dont sept bien brillantes qui dessinent un petit trapèze. Son histoire de découverte est amusante : <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Herschel">William Herschel</a> l&rsquo;observe dès 1786, mais ne publie jamais sa trouvaille. Il faudra deux redécouvertes indépendantes, en 1896 puis en 1903, chacune sans savoir pour l&rsquo;autre, avant que <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Louis_Emil_Dreyer">John Dreyer</a> ne le catalogue enfin en 1908 ! Sa distance reste d&rsquo;ailleurs incertaine : entre 5 600 et 7 800 années-lumière selon les sources, pour un âge de 6 à 9 millions d&rsquo;années.</p>
<p>NGC 6881, elle, est une nébuleuse planétaire à environ 5 200 années-lumière. Rien à voir avec le Croissant côté taille : son cœur ne fait qu&rsquo;un cinquième d&rsquo;année-lumière, prolongé par une structure symétrique qui s&rsquo;étend sur environ une année-lumière, peut-être à cause d&rsquo;une étoile double en son centre.</p>
<p>Pour NGC 6874, je n&rsquo;ai pas trouvé grand-chose : une simple association d&rsquo;étoiles, sans plus de détails.</p>
]]></content:encoded></item><item><title>NGC 7000 - Nébuleuse de l'Amérique du Nord</title><link>https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-07_ngc-7000_nebuleuse-de-l-amerique-du-nord/</link><pubDate>Fri, 07 Aug 2026 00:00:00 +0000</pubDate><guid isPermaLink="true">https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-07_ngc-7000_nebuleuse-de-l-amerique-du-nord/</guid><category>Nébuleuses</category><category>Cygne</category><category>NGC 7000</category><category>IC 5070</category><description>Une grande nébuleuse dans la constellation du Cygne, dont l'étoile qui l'éclaire est restée un mystère pendant plus d'un siècle</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-07_ngc-7000_nebuleuse-de-l-amerique-du-nord/NGC_7000_644x20sec_T24degC_2026-08-07_stretched_skycaption_hu_2b2f20c80749bb3.jpg" alt="NGC 7000 - Nébuleuse de l&#39;Amérique du Nord"></p>
<p>J&rsquo;ai volontairement laissé la photo à la verticale pour que l&rsquo;on observe bien sa forme et que l&rsquo;on distingue bien la partie &ldquo;golfe du Mexique&rdquo; et le Mexique, qui sont les zones les plus denses et où l&rsquo;on aperçoit le plus de détails.</p>
<h1 id="une-forme-reconnue-un-siècle-après-sa-découverte">Une forme reconnue un siècle après sa découverte</h1>
<p>C&rsquo;est <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Herschel">William Herschel</a> qui l&rsquo;observe en premier, le 24 octobre 1786 depuis Slough, en Angleterre. <a href="https://www.deepskycorner.ch/obj/ngc7000.en.php">Sa note dit</a> : « une très grande nébulosité diffuse, plus brillante au centre, longue de 7 ou 8 minutes d&rsquo;arc, large de 6, et se perdant très progressivement et imperceptiblement. » Il n&rsquo;a vu que le cœur le plus dense : impossible à cette époque de deviner la forme qu&rsquo;elle dessine, ni la taille réelle de l&rsquo;ensemble. Il faudra attendre 1890 pour que l&rsquo;astronome allemand <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Max_Wolf">Max Wolf</a> reconnaisse le continent nord-américain sur ses photographies à longue pose, ce qui lui vaut son nom.</p>
<figure class="post-figure skymap">
  
  <img class="skymap-for-light" src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-07_ngc-7000_nebuleuse-de-l-amerique-du-nord/ngc-7000_map_transparent-dark.svg" alt="Carte du ciel autour de NGC 7000" loading="lazy" decoding="async" width="971" height="834">
  <figcaption>Carte du ciel autour de NGC 7000 (en rouge), dans la constellation du Cygne.</figcaption>
</figure>
<h1 id="une-nébuleuse-invisible-à-lœil-nu-mais-immense">Une nébuleuse invisible à l&rsquo;œil nu, mais immense</h1>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/NGC_7000">NGC 7000</a> se situe à environ 2 590 années-lumière de la Terre, et s&rsquo;étend sur 90 années-lumière du sud au nord. Sa taille apparente est vraiment très grande, 120 x 100 minutes d&rsquo;arc, c&rsquo;est environ 10 fois la surface de la pleine Lune. Malgré cette taille impressionnante, elle reste invisible à l&rsquo;œil nu : il faut une paire de jumelles pour n&rsquo;y voir qu&rsquo;une simple tache floue. C&rsquo;est en astrophoto qu&rsquo;elle dévoile toutes ses couleurs et sa forme si particulière.</p>
<h1 id="une-étoile-mystère-longtemps-confondue-avec-deneb">Une étoile mystère, longtemps confondue avec Deneb</h1>
<p>Pendant longtemps, on a cru que c&rsquo;était Deneb, l&rsquo;étoile la plus brillante du Cygne, qui illuminait la nébuleuse : c&rsquo;est <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Edwin_Hubble">Edwin Hubble</a> lui-même qui avait proposé cette hypothèse, en 1922. Sauf que Deneb, avec ses 8 500 K en surface, n&rsquo;est pas assez chaude : il faut une étoile de plus de 30 000 K pour ioniser un tel volume de gaz. Il faudra attendre 2005 pour que les astronomes Fernando Comerón et Anna Pasquali identifient la véritable coupable, cachée juste devant la nébuleuse. Elle ne recevra son nom, l&rsquo;étoile de Bajamar, que onze ans plus tard : en espagnol, « Bajamar » désignait autrefois les Bahamas, et l&rsquo;étoile a hérité de ce nom à cause de sa position dans la nébuleuse, juste à l&rsquo;est de la « péninsule de Floride » ! D&rsquo;après <a href="http://www.caha.es/newsletter/news05b/Comeron/ngc7000.html">l&rsquo;étude de Comerón et Pasquali</a>, ce serait également elle qui illumine sa voisine, la <a href="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-11_ic-5070_nebuleuse-du-pelican/">Nébuleuse du Pélican</a> (IC 5070).</p>
<p><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/North_America_Nebula">En réalité, les deux nébuleuses n&rsquo;en forment qu&rsquo;une seule</a> : un immense nuage coupé en deux par une bande de poussière sombre, qui cache la jonction entre elles vue depuis la Terre.</p>
]]></content:encoded></item><item><title>NGC 6992 - Les Dentelles du Cygne</title><link>https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-06_ngc-6992_les-dentelles-du-cygne/</link><pubDate>Thu, 06 Aug 2026 00:00:00 +0000</pubDate><guid isPermaLink="true">https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-06_ngc-6992_les-dentelles-du-cygne/</guid><category>Nébuleuses</category><category>Cygne</category><category>NGC 6992</category><category>Caldwell 33</category><category>Sh2-103</category><description>Il y a 10 000 ans, une étoile explosait ici : il n'en reste que des filaments de gaz, qui s'étendent sur près de 3 degrés dans le ciel.</description><content:encoded><![CDATA[<p><img src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-06_ngc-6992_les-dentelles-du-cygne/NGC_6992_577x20sec_T22degC_2026-08-06_stretched_skycaption_hu_766abfc6f31de157.jpg" alt="NGC 6992 - Les Dentelles du Cygne"></p>
<p>Une cible qui demande de la patience : les filaments sont fins et peu lumineux, mais le filtre dual band fait vraiment ressortir le rouge et le bleu-vert de ces volutes de gaz. Jusqu&rsquo;à maintenant, c&rsquo;est ma cible favorite. Le format de l&rsquo;image est en 16/9 afin d&rsquo;en faire un joli fond d&rsquo;écran.</p>
<h1 id="un-rémanent-en-plusieurs-morceaux">Un rémanent en plusieurs morceaux</h1>
<p>Ce que je photographie ici, c&rsquo;est <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/NGC_6992">NGC 6992</a>, la partie nord-ouest de la Grande Dentelle, le morceau le plus brillant des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dentelles_du_Cygne">Dentelles du Cygne</a>, au nord-est de l&rsquo;ensemble. Elle a été découverte par <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Herschel">William Herschel</a> le 6 septembre 1784, et porte aussi le nom de Caldwell 33.</p>
<p>Mais ce n&rsquo;est qu&rsquo;un morceau d&rsquo;une structure bien plus vaste. La Grande Dentelle, c&rsquo;est en fait trois catalogues à elle seule : NGC 6992, NGC 6995 et IC 1340. La Petite Dentelle, elle, porte le nom NGC 6960 et longe l&rsquo;étoile 52 Cygni. Et il y a même un troisième morceau, au centre-nord de la boucle : le Triangle de Pickering ! L&rsquo;ensemble porte la désignation SNR G074.0-08.6, et est également cataloguée Sh2-103. Je ferai probablement une photo complète de tout l&rsquo;ensemble l&rsquo;été prochain en mode mosaïque.</p>
<figure class="post-figure skymap">
  
  <img class="skymap-for-light" src="https://veilleurdetoiles.fr/posts/2026-08-06_ngc-6992_les-dentelles-du-cygne/ngc-6992_map_transparent-dark.svg" alt="Carte du ciel autour de NGC 6992" loading="lazy" decoding="async" width="971" height="834">
  <figcaption>Carte du ciel autour de NGC 6992 (en rouge), dans la constellation du Cygne.</figcaption>
</figure>
<h1 id="les-restes-dune-étoile-disparue">Les restes d&rsquo;une étoile disparue</h1>
<p>D&rsquo;où ça sort, tout ça ? D&rsquo;une étoile qui a explosé en supernova il y a environ 10 000 ans. Le rémanent s&rsquo;étend aujourd&rsquo;hui sur près de 3 degrés dans le ciel : environ six fois le diamètre de la pleine Lune. En taille réelle, ça représente environ 110 années-lumière. Il se situe à environ 2 400 années-lumière de nous.</p>
<p>NGC 6992 à elle seule s&rsquo;étend sur 60 x 8 minutes d&rsquo;arc, pour une magnitude de 7.</p>
]]></content:encoded></item></channel></rss>